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BRM200 d'Andrésy (10/3/2019)
et de Chartres (16/3/2019)


Lever à 4h30 : mais vous êtes fous ?

Les brevets randonneurs mondiaux (BRM) sont au Paris-Brest-Paris ce que l'envie est à la séduction : une nécessité pas toujours suffisante. Pour ce premier BRM de l'année, et donc de la série des 4 BRM qualificatifs pour espérer être sélectionné pour le prochain Paris-Brest-Paris, on sent les troupes motivées, voire fébriles. Valérie, Stéphane B., Patrick, Kaptain et moi-même innovons en optant pour le BRM d'Andrésy. Patrick tentera de nous donner rdv sur place à 6h15… et soudain les souvenirs me reviennent : dans les BRM, la sortie de couette à une heure encore nocturne est presque plus fatigante que la rando elle-même !! Mais me lever à 4h30 pour faire un 200… non, c'est contre ma religion. Finalement ce sera 5h15 (c'est toujours ça de pris), passage chez Kaptain à 6h00, arrivée à Andrésy peu avant 7h00 pour un départ à 7h15, le carton faisant foi !


La météo raconte toujours n'importe quoi !

Les jours précédents, j'avais consulté les prévisions météo, essentiellement pour connaitre le risque de pluie et me vêtir en conséquence. Kaptain m'avait bien indiqué "qu'on aurait du vent sur les 70 premiers km"… mais ceux qui me connaissent savent ce n'est pas de nature à m'empêcher de sortir (ni de dormir). Je n'avais donc pas cherché plus loin, surtout que les prévisions météo sont souvent aussi fiables que les horaires SNCF. Mais cette fois… oufti comme on dit dans ma Wallonie natale (un peu l'équivalent de votre "putain", en moins grossier) : à ce niveau-là, ça ne s'appelle plus du vent, mais carrément la tempête !! Si j'aurais su j'aurais pas venu !!



12 à l'heure sur le plat

La sortie de la ville d'Andrésy nous rappelle le parfum des longues sorties : on se sent un peu comme si on partait à l'aventure, en sachant qu'on en a normalement pour quelque 8h de route, voire moins (bien calés dans la roue de Patrick, on pouvait encore rêver…). Rapidement, on enlève des couches. 2000m de D+ annoncés, fallait bien que ça commence quelque part. On y va tranquille, bien groupés. On sent qu'il y a du vent, certes, mais le paysage boisé et vallonné nous cache encore la dure réalité du jour. Puis au km 50, à peine arrivés sur le plateau nous menant aux Andelys… oufti… d'un seul coup, un vent latéral d'une rare violence nous empêche tout simplement d'avancer. Chaque demi-tour de pédalier est une lutte, une lutte pour avancer, plus encore une lutte pour ne pas tomber. Les bras sont tétanisés sur le guidon pour tenter de garder sa ligne. Impossible tant les rafales sont nombreuses. Certains d'entre nous visiterons à plusieurs reprises le bas-côté herbeux, voire les champs lors de folles bourrasques imprévisibles. Nous éviterons la chute, d'autres n'auront pas cette chance. Cela durera une dizaine de km. A du 12 l'heure (voir illustration). Soit pas loin d'une heure, bien que totalement plat… du jamais vu ! Arrivés aux Andelys (km70 et 21,4 de moyenne…), on casse la croute tant les organismes sont déjà entamés. Dans ces cas-là on se raccroche à ce que l'on peut… l'itinéraire étant tracé à la règle (un carré), on finira bien par l'avoir favorable, ce foutu vent !




Le quatrième côté du carré

Effectivement, le deuxième tronçon se fera avec le vent tantôt de côté, tantôt de trois-quarts arrière. Rendu plus difficile par son profil que par la soufflerie bloquée sur "on", la deuxième tranche de ce gâteau quatre-quarts nous emmène jusque Gournay-en-Bray (km 103) où l'on s'offre une petite halte bienvenue dans une boulangerie.



Le troisième tronçon, hélas trop court, quasi tout plat, se fera à des allures inavouables, le vent nous montrant enfin son meilleur profil. C'était trop beau… le dessert avant les patates en somme !! Et de patates je vais sérieusement en manquer pour finir ce brevet. La sortie de Noailles (km150) nous impose une interminable côte où le vent de trois-quarts face nous rappelle qu'un carré a bien quatre côtés perpendiculaires les uns aux autres…. Le dernier tronçon sera le plus difficile, cumulant vent de face, côtes et fatigue. A 17h00, soit près 10h après le départ, nous rejoignons enfin l'arrivée. Mon GPS a rendu l'âme à l'approche d'Andrésy, peu habitué à mettre autant de temps pour boucler un 200 km. Moyenne stratosphérique de 23,6 et pourtant complètement morts. Fermez le ban.



La Saint Patrick avec une semaine d'avance

Chaque cyclo qui rentre dans le gymnase Stéphane Diagana est applaudi. C'est bien la première fois qu'on nous fait un tel honneur sur un 200 km, pourtant on a le sentiment de l'avoir mérité tant nous avons souffert comme jamais sur ce BRM. Le temps que les organisateurs valident nos cartons de route, on s'assied, on récupère. Etrange sensation de ne plus avoir le visage fouetté. Les langues se délient. Un cyclo d'un club voisin nous confie son admiration devant l'UVO : 5 cyclos au départ, 5 cyclos à l'arrivée. Groupés, et pas éparpillés façon puzzle comme dans son club. Ce n'est pas un hasard. Malgré les différences de niveau, d'endurance, de capacité à affronter le vent, malgré l'impossibilité de se protéger tant les bourrasques transperçaient tout et tout le monde, la solidarité a été le maître mot du jour. Patrick, largement au-dessus du lot, n'aura de cesse de "décrocher" pour remonter le (la) cyclo(te) en berne, et le (la) ramener dans le groupe, sans relâche, tout au long de la journée. Tantôt moi, tantôt Valérie, tantôt Steph. Et re-moi sur la fin… plus de jus, fringale, côtes, vent… j'en avais ma claque. C'était la Saint Patrick avec une semaine d'avance !! Le prochain brevet sera plus tranquille. Forcément : pire, ce n'est pas possible, hein?!!


On remet ça à Chartres

… et bien on n'est pas passé très loin du démenti !! En effet, le BRM200 de Chartres programmé le samedi suivant (une nouveauté lui aussi) fut encore bien difficile, Eole étant décidément très attaché à notre région en cette fin de printemps. Poussant cette fois du sud et allié à une D+ moins ambitieuse que le WE précédent, il nous permettra de boucler Chartres-Vernon (112km) à près de 30 de moyenne, le tandem gresseyais en version derny n'y étant pas pour rien. Mais au retour, l'affronter de face (le vent, pas le tandem !), sans relâche jusqu'à l'arrivée aura vite raison de tout espoir d'exploit chronométrique (on laisse cela à Patrick !). Gilles S. aura été servi pour son premier 200! Thierry V. et Seb M. connaîtront eux aussi quelques moments difficiles avant de finir "comme des grands", au mental et à la pédale. Bravo à tous les trois !! Et le retour groupé de l'UVO signera une fois encore l'esprit qui règne dans notre club : malgré nos gilets jaunes (règlement BRM oblige), on ne (se) défile pas sous couvert de l'anonymat pour démolir des vitrines sur les Champs, nous on affiche fièrement nos couleurs pour les traverser sans dommage (les champs), et quelles que soient les conditions, ramener tout le monde au bercail !! Une manière sans doute plus noble de promouvoir la solidarité…


••• Vincent