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Superbe destination la Belgique !


Il est étrange quelques fois comme certaines paroles, en apparence sans importance, deviennent très présentes, voire pressantes.
Fin mai, lorsque ma femme m’a dit qu’elle ramènerait ma fille qui vit en Belgique chez elle en voiture le 4 juillet, je lui ai répondu sur le ton d’une boutade : "Moi aussi j’y vais, mais à vélo !". "Chiche" m’a-t-elle répondu.
C’est ainsi que, petit à petit, je me suis convaincu qu’il fallait rendre l’entreprise réalisable.
Tout d’abord, cela représente quelle distance ? La trace Openrunner donne 349.695 km… On sait bien qu’il y a souvent un peu de TVA en plus… Très utile, l’expérience des 241 km parcourus pour aller voir la borne des "100 km autorisés" depuis le domicile : confinement oblige. J’en ai déduit qu’il fallait partir tôt, voire très tôt, pour être confortable en termes de délai sur l’heure d’arrivée. Donc, départ de nuit obligatoire.
Le 24 juin, sans le savoir, deux complices (Valérie et Pascal Boulez) m’ont accompagné dans LA difficulté du parcours, à savoir la côte de Vaux pour sortir de la vallée de la Seine, et pour la reconnaissance de jour de la partie nocturne du parcours.
Le 27 juin, un départ nocturne à 4h09 m’a beaucoup plu, et aussi fait prendre conscience que rouler direction plein Est au lever du jour expose au soleil rasant qui éblouit ; donc la casquette avec visière qui joue le pare-soleil s’impose.
Les conditions météo devaient être favorables pour ne pas avoir d’obstacle supplémentaire à la distance. Elles seront extraordinaires : pas de pluie, une température moyenne de 15° et un fort vent favorable constant.
Tablant sur une vitesse moyenne de 25 km/h, j’ai estimé à 14 heures le temps passé mon postérieur posé sur la selle : Aïe !! N’étant pas complètement maso, j’ai acheté à la pharmacie de la crème « Conveen Protact » de Coloplast. Lors de cet achat, j’ai croisé Stéphane Le Lostec qui m’a donné de la seconde peau à mettre en cas de blessure. La crème a très bien joué son rôle et je n’ai eu aucune sensation désagréable.
Le jour J : départ à 3h44, dans le noir complet car chez moi, l’éclairage public ne fonctionne pas de 1h00 à 5h00. Donc première photo prise au 1er lampadaire allumé au Pré Saint-Wandrille de Septeuil où l’on voit bien que le sac à dos sous le gilet jaune prend beaucoup de place (1 kg de cantine).

Au premier lampadaire allumé… il n'est pas le seul à être allumé !

Rouler seul peut être monotone. Cela n’a pas été le cas un seul instant. Parce que pédaler la nuit est inhabituel pour moi et que les routes empruntées sont des découvertes à partir de Pontoise.
Quel plaisir de pédaler de nuit, puis au petit matin : absence de trafic, les parfums, les animaux …
La vallée de l’Oise magnifique avec sa voie verte TransOise jusqu’à Compiègne : déjà 125 km de parcourus.

Longer le bord de l'eau est très paisible…

Les communes traversées sont tristement sans commerce, sauf les grandes villes comme Saint Quentin ou Compiègne

Entrée de Saint-Quentin

Petites pauses techniques tous les 50 km environ afin de manger et donner des nouvelles de l’avancement à la voiture-balai qui pouvait me secourir en cas d’abandon, et surtout pour se retrouver au repas du midi. Cette pause repas a lieu au km 230, à Le Cateau en Cambrésis. La rivière servant de décor s’appelle la Selle. Soit à septante km de plus que prévu, il a fallu appuyer sur le champignon de la voiture pour le rattraper le bougre de cyclo poussé par le vent !!!

La pause repas

Pas de sieste ! Reprise pour le dernier tiers du trajet. Après une route jusque-là sinueuse, je me trouve face à des bouts de droit interminables dont le plus long fait 26 km… Cette portion avalée à plus de 30 km/h de moyenne est passée assez vite malgré un relief capricieux.
Le passage de la frontière a été frustrant parce que sans aucun panneau l’annonçant. Donc pas de photo souvenir de l’évènement. La route empruntée sert de limite entre les deux pays sur 7 km avec à ma gauche la Belgique, et à ma droite, la France. Le contraste entre les deux nations n’est pas flagrant tant les briques des maisons du nord de la France ressemblent aux briques des maisons belges.
Au km 296, j’étais dans le Plat Pays : chemins de halage, le long des canaux. Aucun D+. C’est paisible. Un petit crachin, presque bienvenu

Le chemin de halage sous un sympathique petit crachin

Frayeur à partir de Seneffe avec la voie barrée à cause de travaux consistant à supprimer les pavés du chemin de halage de l’ancien canal Bruxelles/Charleroi sur près de 10 km. Plus de pavés certes, mais pas de revêtement non plus. Ce qui explique une vitesse moyenne de 15 km/h sur ce secteur.

Poste de l'écluse de Seneffe

Puis est arrivée la partie urbaine de la journée. A partir de Braine-L’Alleud


puis Waterloo


Les Belges sont des amoureux du vélo. Ils ont installé en ville un réseau de voies cyclables, le plus souvent obligatoires. Ces voies sont de qualité inégale. Parfois un bitume superbe, parfois des pavés, parfois du carrelage mal joint … et des feux rouges en abondance.
Arrivé à 19h54 après 12h50 de roulage. Fatigué, mais pas épuisé, surtout heureux d’avoir réussi ce pari un peu fou de faire Prunay le Temple-Woluwe St Lambert d’une traite, et en solo, à vélo.
Une "aventure" paraissant impossible pour moi il y a peu de temps est devenue possible, puis réalisée grâce à une bonne préparation, des conditions météo parfaites et le soutien familial.


••• Pascal CAUMONT